Itinéraire littéraire : sur les pas de Victor Hugo
Retour sur le voyage de ce grand écrivain dans la Manche
Le voyage a accompagné toute la vie de Victor Hugo. Enfant déjà, il parcourt le monde de nombreuses fois aux côtés de son père. Parmi les destinations visitées, c'est dans la Manche qu'il viendra séjourner une quinzaine de jours en 1836. Du Mont Saint-Michel à Barfleur, le périple du poète et romancier comporte 9 étapes. Toujours en quête d’impressions pour nourrir ses œuvres, il consigne, note, dessine, commente, s’extasie ou s’indigne. L’itinéraire littéraire “sur les pas de Victor Hugo” reproduit donc son séjour dans la Manche. L'occasion de découvrir les richesses culturelles du département.
Les étapes du passage de Victor Hugo dans la Manche
Cette route littéraire a été créée en collaboration avec Gérard Pouchain, historien et auteur agrégé de l'Université, docteur en Lettres et chercheur associé à l'Université de Rouen. Gérard Pouchain est spécialiste de Victor Hugo et biographe de Juliette Drouet. Cette dernière est d’ailleurs aux côtés de Victor Hugo pendant cette excursion, comme elle le fût pendant plus de cinquante ans de sa vie. Le peintre Célestin Nauteil leur tiendra également compagnie une partie du voyage.
le Mont Saint-Michel
Arrivé dans la Manche par Pontorson au soir du 23 juin, Hugo se rend le lendemain en Bretagne (Dol et Saint-Malo), revient à Pontorson le 26 et découvre le lendemain le Mont-Saint-Michel. Le sanctuaire, devenu forteresse puis prison, lieu inspiré où l’art roman côtoie le gothique flamboyant et le sublime, ne peut que fasciner l’auteur de Notre-Dame de Paris.
Les falaises de Champeaux
À Avranches, l'ardent défenseur du patrimoine ne retient que la vue sur le Mont Saint-Michel. La route qui l’emmène vers Granville lui laissera un souvenir agréable.
Granville
Après une promenade en mer à bord d’une « coquille de noisette », au cours de laquelle – ironie du sort – Hugo faillit se retrouver le lendemain matin à Jersey à cause de la marée descendante ; le poète et sa compagne poursuivent leur route vers les terres. Après son exil, Victor Hugo revient trois fois à Granville (1872, 1875 et 1878) avant d’embarquer sur le bateau de Jersey qui va le conduire à Guernesey.
La cathédrale de Coutances
Dès 1825, dans un complément à Notre-Dame de Paris, au titre sans équivoque de « Guerre des démolisseurs », Hugo appelle à pousser « un cri universel » face à « tous les genres de profanation, de dégradation et de ruine menaçant le patrimoine du Moyen Âge », auquel s’attache à la fois la mémoire des rois et la tradition des peuples.
Quelques années plus tard, l’homme d’action autant que de plume, continue d’élever sa voix face au laisser-aller du patrimoine normand. Mais l’esprit des lieux, cher à Hugo, reprend vite ses droits.
5 - L'Église Notre-Dame de Saint-Lô
Son constat est le même qu'à Coutances concernant le patrimoine :
À Saint-Lô, on laisse tomber, faute de réparations, l’admirable église qui a deux clochers aussi beaux que la grande flèche de Saint-Denis
6 - Carentan
À Carentan, Victor Hugo visite l'Église Notre-Dame, qu'il qualifie de "charmante".
Carentan est aussi connue pour les marais qui traversent la ville.
Barneville-Carteret
Avant d'aller à Barneville, Victor Hugo choisit de passer par Port-Bail. Faute de voiture, l’écrivain et sa compagne font une fois de plus, la route à pied sur des chemins de traverse pour regagner Barneville-Carteret. Pour récompense : le spectacle de la mer, côtoyant la terre de cette façon si spectaculaire et si caractéristique du Cotentin.
Quand je suis arrivé à Barneville, le soleil était tout à fait couché, de beaux arbres d’encre se découpaient sur le ciel d’argent du crépuscule, la mer imitait à l’horizon le bruit des carrosses à Paris
Cherbourg
Entre Barneville et Cherbourg, Victor Hugo et Juliette Drouet font halte aux Pieux. De nos jours, on trouve une plaque mémorielle et un petit buste sur la façade de la maison située au 41, rue Centrale, dans laquelle ils ont dîné, le 2 juillet avant de prendre la route de nuit, vers Cherbourg et sa rade.
Barfleur
Le voyage d'Hugo et de ses deux comparses prend fin à Barfleur. Désirant passer la nuit en mer, ils demandent les services d'un pêcheur. À la tombée de la nuit, le marin rentre au port arguant que les côtes sont trop dangereuses pour naviguer de nuit. S'ensuit une discussion sur le port qui ameute la population alentour et le maire de l’époque. Victor Hugo relate ainsi à sa femme, sa première promenade en mer à Barfleur :
Je t'apprendrai que je suis tout à fait à l'épreuve du mal de mer. J'ai fait sans accident plusieurs excursions en mer, une entre autres à Barfleur, par une belle mer houleuse qui emplissait le chasse-marée d'écume. Je m'étais cramponné aux cordages, j'étais monté debout sur le bord du petit navire, c'est une des impressions les plus charmantes que j'aie eues de ma vie.