On a testé pour vous

Visite guidée de la baie du Mont Saint-Michel

on vous partage l'expérience
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Débutés en 2005 et pendant 10 ans, d’importants travaux ont été réalisés pour permettre le rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel : sentiers piétonniers, barrage innovant, pont-passerelle… Les rivages de la Merveille ont bien changé, pour le bonheur des visiteurs mais surtout pour les espèces animales et végétales qui y ont trouvé un nouvel écrin. 

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de ces espaces naturels et de leurs petits protégés lors d’une balade grand air proposée par le Mont Saint-Michel. Une autre façon de découvrir la Merveille et sa baie, loin de la foule du village. On vous raconte !

Les espaces naturels aux abords du Mont Saint-Michel

Nous avons rendez-vous avec Séverine pour une balade guidée sur les rivages du Mont. Elle est guide naturaliste attestée et nous propose aujourd’hui de découvrir, pendant 2 heures environ, les espaces naturels et les rivages du Mont Saint-Michel.

Présentation faite, nous nous dirigeons vers les zones humides et le verger créés aux abords du parc de stationnement. Ici la nature a repris ses droits et les insectes virevoltent au milieu des roselières, des 145 pommiers et des haies bocagères. Les fauches tardives ont permis la multiplication par 2 des espèces d’insectes.

Séverine nous conduit ensuite sur le sentier pédestre qui longe les rives du Couesnon. Les herbes sont hautes et nous entendons le chant mélodieux des alouettes des champs sans arriver à les apercevoir. Cette musique nous accompagnera tout au long de notre balade. Séverine nous apprend que ce sont des oiseaux très craintifs qui nichent au sol, au milieu des herbes.

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Séverine Loton Guide naturaliste attestée

Le barrage

Redonner au Couesnon sa force hydraulique

Nous longeons le Couesnon pour rejoindre le barrage mis en service en 2009 après 3 ans de construction. Long de 80 mètres, le barrage permet d’aller d'une rive à l'autre en profitant, depuis le belvédère, d’une vue imprenable sur le Mont Saint-Michel et sur sa baie.

Nous nous asseyons sur les gradins et Séverine nous en dit plus sur l’ouvrage et sur son mode de fonctionnement pour le moins original. Les 8 vannes peuvent fonctionner dans les deux sens, lorsque l’eau s’écoule de l’amont vers l’aval et inversement, selon les conditions de marées et le débit du fleuve. Toutes les 6 heures, les vannes se mettent en mouvement pour emprisonner l’eau de mer ou la relâcher. Selon un effet de “chasse d’eau”, les lâchers progressifs à marée descendante repoussent les sédiments au loin dans la baie.

L’objectif ? Désensabler le Mont Saint-Michel (qui s’ensable naturellement par la forme en entonnoir de la baie et par les activités de l’Homme) et cela semble plutôt fonctionner puisqu’il y a 3 mètres de sable de moins qu’il y a 10 ans.

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La flore des prés salés du Mont Saint-Michel

Nous nous dirigeons maintenant vers le pont-passerelle en empruntant le sentier des prés salés. Ici la flore est une vraie mine d’or pour les moutons mais aussi pour les humains : obione, soude maritime, salicorne… Séverine nous dévoile ses petits tips pour les cuisiner, car sur les herbus, il n’y a pas de plantes toxiques.

L'obione

Nous débutons notre dégustation par une feuille d’obione aussi appelée chips de mer. C’est croquant, salé et selon notre guide, parfait, cru en salade. Cette plante halophile (qui vît dans les milieux salés) filtre l’eau de mer, d'où les petits cristaux qui recouvrent la surface de ses petites feuilles rondes. L'obione pousse sur la vase du schorre (partie recouverte seulement par les marées de fort coefficient) et forme un véritable tapis gris argenté.

La soude maritime

Puis place à la soude maritime, que Séverine conseille plutôt cuite, et qui a un petit goût d’épinard. Cette plante comestible était autrefois utilisée pour la production artisanale de soude intégrée dans le savon ou la lessive. Pour la reconnaître ? Les feuilles sont charnues, étroites, en demi cylindre.

La salicorne

La dernière plante sauvage que nous découvrons ce matin est la fameuse salicorne. Dégustée crue, en condiment ou cuite comme les haricots, c’est une mine de vitamines et de minéraux. Son petit goût salé et croquant en fait la plante chouchou des chefs de la région. On la trouve sur la slikke,  la partie basse un peu sablonneuse immergée à chaque marée mais aussi sur la schorre. Mais, attention sa cueillette est strictement réglementée puisque c’est une espèce protégée.

Dans l’habitat extrême que sont les 4000 hectares de prés salés, peu d’espèces arrivent à survivre. Les plantes halophytes, qui résistent aux plus grandes marées d'Europe, sont alors indispensables pour nourrir les poissons, les oiseaux et les moutons. 
Il convient donc de récolter avec modération et de s’abstenir de cueillir en cas de doute. N’hésitez pas à vous rapprocher de l'office de tourisme ou de la mairie pour connaître la réglementation en cours. L’idéal est de s'inscrire à une sortie avec un naturaliste pour bénéficier de tous ses conseils.

Arrêté de la préfecture sur la cueillette de salicorne

La faune en baie du Mont Saint-Michel

 

Sur les herbus…

le célèbre agneau de prés salé

Notre balade continue sous le pont-passerelle où nous tombons nez-à-nez avec un troupeau de brebis et moutons. Ils se nourrissent principalement de puccinellie, une plante sauvage vivace très présente sur les prés salés. 

Pour obtenir l’appellation d’origine “prés salés du Mont Saint-Michel”, les agneaux doivent séjourner 70 jours minimum sur ce pâturage maritime et respecter un cahier des charges bien précis. Surveillés quotidiennement, les éleveurs les mettent à l'abri dans les bergeries ou sur les parcelles de repli lors des grandes marées. Le point de peinture sur le dos permet aux agriculteurs de reconnaître leur troupeau.

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Pourquoi l’agneau de prés salés AOP a-t-il une saveur si tendre et délicate ?

Les agneaux naissent au cours de l’hiver, jusqu’au début du printemps. Dès qu’ils sont suffisamment résistants et que les conditions météo sont favorables, les agneaux rejoignent le troupeau sur les prés salés où ils y passeront au minimum la moitié de leur vie. Dans la baie du Mont Saint-Michel, les ovins consomment uniquement une végétation halophyte propre aux marais salés, mais attention, cela ne rend pas la chair de l’animal plus salée pour autant ! Pour se nourrir, les moutons doivent faire de longs déplacements sur un terrain meuble ; cet exercice physique ainsi que la rudesse du climat favorisent une viande peu grasse à la saveur particulière.

Dans la mer…

saumons, phoques et dauphins

La baie du Mont Saint-Michel est un immense garde-manger pour les poissons et autres mammifères marins. La rencontre entre l’eau douce et l’eau de mer favorise la venue et la croissance de nombreuses espèces. Les bars viennent ainsi y grandir, les saumons remontent les rivières qui se jettent dans la baie (notamment la Sée, réputée pour la qualité de ses eaux), les mulets sautent de façon impressionnante hors de l’eau…

Les phoques veaux-marins

Ces nombreux poissons font le bonheur des phoques veaux-marins. Une colonie d’une centaine d’individus vit en effet dans la baie depuis les années 80 et chaque été des naissances font le bonheur des scientifiques (40 naissances en 2023). Une petite dizaine de phoques gris a aussi été observée mais pas de blanchon recensé. 

Il ne faut surtout pas s’approcher si l’on aperçoit cette jolie frimousse car les phoques sont très craintifs et les déranger peut compromettre leur survie et celle de leurs petits.

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Les grands dauphins

Autre mignonnerie visible dans la baie du Mont Saint-Michel : les grands dauphins. Avec une colonie de 500 individus, c’est le groupe le plus important d’Europe. Les dauphins ont élu domicile dans la baie il y a une trentaine d’années et sont visibles depuis la côte granvillaise (sur les falaises de Champeaux ou la pointe du Roc à Granville) ou lors de sorties en bateau avec des associations nature.

Pour aujourd’hui, nous ne verrons pas ces mammifères marins !

Dans les airs…

Tombelaine, ce rocher à 3 km du Mont Saint-Michel

Depuis 1985, l'îlot de Tombelaine est classé réserve ornithologique et archéologique. À ce titre, ce site emprunt de légendes est inaccessible entre le 15 mars et le 31 juillet pour cause de reproduction et nidification. Le reste de l’année, l'accès est réglementé.

Des visites guidées avec des ornithologues sont possibles pour tout connaître des espèces recensées sur l’îlot : aigrettes garzettes, hérons garde boeufs, faucons pèlerin, goélands (que l’on distingue de la mouette par sa plus grande taille et son bec jaune)... D’autres oiseaux viennent aussi lors de leur migration ou hivernage.

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Sur les prés salés du Mont Saint-Michel et dans les roselières, les oiseaux sont également nombreux, la baie attirant des milliers d’oiseaux nicheurs, migrateurs et hivernants. Bernaches, canards sauvages, bécasseaux, échasses, fous de Bassan, oies cendrées… avec des jumelles, il suffit de guetter le ciel, tendre les oreilles et être patient.

 

Notre sortie se termine avec le retour au centre d’information touristique après un peu plus de 2 heures et 5 km de balade passionnante. 

Pause Jumelles

une animation gratuite

Sur le chemin vers notre véhicule, nous rencontrons Zoé et son triporteur postée à l’entrée de la roselière. Guide naturaliste, elle propose une animation gratuite itinérante “pause jumelles” durant laquelle elle nous fait découvrir la faune et la flore qui évoluent autour du Mont Saint-Michel.

Elle met à disposition des jumelles, longue-vue, loupe, filet à papillon, nappe japonaise… tout l’équipement pour observer ce qui nous entoure. Vous pouvez aller à sa rencontre tous les après-midis, elle est reconnaissable grâce à son drapeau vert.

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Les autres balades guidées

Avec le programme “belles découvertes”, de nombreuses sorties et visites sont possibles toute l’année pour découvrir autrement la baie du Mont saint-Michel. Les guides vous proposent des thèmes variés pour explorer les rivages du Mont et ses richesses, loin de la foule :  des sorties thématiques (un jour, une espèce) sur les oiseaux, les plantes, les amphibiens…, des balades contées, des soirées coucher de soleil, des visites flash… Il est conseillé de réserver à l’avance.

Les belles découvertes : programme et réservation

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