Rencontre avec

Yoann Sanson, le gardien du Raz Blanchard

 

 

Photo
Patron du canot de sauvetage de la SNSM de Goury
Photo
© Captain Yvon

Surf, plongée, pêche…Yoann Sanson est avant tout un passionné de la mer. Après avoir parcouru le monde pendant 2 ans avec la marine nationale, il devient équipier plongeur en 1999 pour la Société Nationale des Sauveteurs en Mer (SNSM). En 2012, il est nommé patron du canot le Mona Rigolet à la station de sauvetage de Goury à la pointe de la Hague. Dans la Manche, on compte près de 500 sauveteurs bénévoles de la SNSM. Le film IMMERSION raconte, à travers le portrait de Yoann, l’engagement de ces femmes et de ces hommes qui sauvent des vies au péril de la leur.

Yoann Sanson, un portrait à découvrir dans le film IMMERSION 

L’engagement par passion

La vie de Yoann est rythmée par son engagement à la SNSM. Être sauveteur est pour lui une passion, un choix de vie même, mais si cela demande des sacrifices. Il faut, par exemple : être disponible 7j/7, habiter à moins de dix minutes de la station de sauvetage et ne pas s’absenter entre mai et septembre. A n’importe quel moment, Yoann doit pouvoir appareiller en moins de 15 minutes. 

“Je pars du principe que, du jour où je me suis engagé, je fais les choses à fond ou alors je ne les fais pas. C’est un petit peu égoïste comme passion. Même si on fait ça pour les autres, la satisfaction est vraiment personnelle.”

La rencontre avec Léa Brassy

  
Pendant plusieurs jours, la surfeuse Léa Brassy est allée rencontrer Yoann pour mieux comprendre le rôle des sauveteurs en mer et pourquoi Goury est un endroit redouté des marins. Un témoignage poignant à découvrir dans le film IMMERSION

Voici les mots de Léa pour présenter Yoann : 

"Face au Raz Blanchard, la sensation de bout du monde est prégnante. Les courants, les marées et les houles y forment une mer hostile et imprévisible. L’endroit me fait froid dans le dos. Cette route maritime étant très fréquentée, les avaries sont nombreuses. Une poignée d’anges à l’auréole orange veille sur le passage, comme une évidence pour nous comme pour eux. Mais qui sont les bénévoles de la SNSM ? Yoann Sanson a la bienveillance paternelle et le charisme du capitaine. Il vous corrigera, ne l’appelez pas capitaine mais patron, parce qu’il en faut bien un pour faire tourner la station. Et en réalité l’accomplissement de la mission tient à l’effort collectif de chacun des bénévoles et de chacun des bienfaiteurs. À la station SNSM de Goury, l’individu existe à travers la cohésion du groupe. Après tout, la mer c’est une histoire d’Hommes."

Photo
Léa Brassy Surfeuse et apéniste

Immersion, le film

Photo
© Captain Yvon
Yoann Sanson, patron du Mona Rigolet, SNSM - IMMERSION | ep.05 Lire la transcription de la vidéo

Les bénéfices récoltés lors de la diffusion du film IMMERSION ont été reversés à la SNSM, soit un chèque de 7 874 €.

Les sauveteurs en mer

les gardiens de nos côtes

En France, la Société Nationale des Sauveteurs en Mer (SNSM) est une association dont la principale mission est de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger, en mer et sur les côtes. Son financement découle essentiellement de la générosité du public et de partenaires privés. Fondée en 1865, la SNSM a été reconnue d’utilité publique par décret le 30 avril 1970. Elle est la seule institution qui dispose des compétences et qualifications nécessaires pour intervenir conjointement depuis la plage jusqu’au large.

Les sauveteurs en mer de la Manche

Avec plus de 674 km de côtes, l’activité maritime professionnelle et de plaisance est intense dans la Manche. 500 femmes et hommes bénévoles en tenue orange veillent toute l’année, de jour comme de nuit, pour assurer le secours en mer.

Dévoués et disponibles, parfois au péril de leur vie, ils font vivre les 20 stations de sauvetage ainsi que le centre de formation et d’intervention, répartis sur tout le littoral. L’été, 100 nageurs sauveteurs assurent la sécurité des plages sur 12 postes de surveillance.

En 2021, la SNSM de la Manche a réalisé près de 200 interventions avec canots de sauvetage sur ordre du CROSS Jobourg (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage), portant ainsi secours à 224 personnes.

Photo
© Captain Yvon

Zoom sur le Raz Blanchard et la station de Goury

Surnommé le « passage de la déroute », ce courant marin singulier, dit de renverse, serait un des plus puissants du monde. Les creux peuvent y atteindre 4 mètres et la zone en face de Goury, faite de bas-fonds inégaux et d’écueils, provoque des remous périlleux. Le long des côtes, la présence de courants marins tels que le Raz Blanchard au Cap de la Hague à l’ouest et le Raz de Barfleur à l’est, demande aux navigateurs d’être particulièrement vigilants. Au cours de l’histoire, des naufrages dramatiques ont justifié la construction de phares, le balisage des côtes et l’installation de stations de sauvetage. Le port de Goury dans la Hague a été équipé d’une première station dès 1878.

La station actuelle est particulièrement emblématique. De forme octogonale, elle abrite un canot de sauvetage pouvant pivoter vers deux rampes, selon l’heure de la marée. Un accès côté port à marée haute et à marée basse, le canot accède à la mer en glissant sur une rampe construite dans les rochers.

Photo
© Xavier Lachenaud

En cas d’urgence en mer, il faut composer le 196 pour joindre les CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage).

Cela peut vous intéresser